Text
Editionsbericht
Literatur: Encyclopédie
Literatur: Ode
[V] Le mot ode signifie hymne, cantique. L'enthousiasme est le caractère distinctif de l'ode. Horace la définit ainsi:
Musa dedit fidibus divos puerosque deorum,
Et pugilem victorem et equum certamine primum,
Et juvenum curas et libera vina referre.
Boileau a développé ces idées:
L'ode, avec plus d'éclat et non moins d'énergie,
Elevant jusqu'au ciel son vol ambitieux,
Entretient dans ses vers commerce avec les dieux,
Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière,
Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière,
Mène Achille sanglant aux bords du Simoïs,
Ou fait fléchir l'Escaut sous le joug de Louis.
Tantôt comme une abeille ardente à son ouvrage,
Elle s'en va de fleurs dépouiller le rivage;
[VI] Elle peint les festins, les danses et les ris,
. . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . .
Son style impétueux souvent marche au hasard:
Chez elle un beau désordre est un effet de l'art.
Ces beaux vers donnent une idée plus complette de la poésie lyrique que tout ce que nous pourrions dire. Les deux derniers forment, pour ainsi dire, toute la poétique de l'ode. Elle doit avoir l'air du désordre, mais elle n'en doit pas moins étre asservie à un plan exact. De grandes pensées entassées sans distinction ne feront jamais une belle ode. L'auteur doit suivre une série d'idées, et ne s'en écarter que par un détour presque imperceptible.
Le style de l'ode ne doit pas toujours prétendre au sublime; il a besoin d'être țantôt élevé, tantôt simple, mais toujours noble et soutenu.
On a souvent remarqué que le sublime ne [VII] consiste pas dans les mots, mais dans les images et les pensées.
Le sublime des images est celui qui convient le plus à l'ode. La hardiesse de l'expression en est inséparable, pourvu qu'elle s'allie à la justesse.
Les digressions dans l'ode demandent à étre ménagées avec un art infini: elles doivent se rattacher au sujet, et se faire excuser par la manière naturelle dont on les amène. Par exemple, Horace dans l'ode sur le départ de Virgile accuse à la fois les mers et les premiers mortels à qui l'ambition conseilla de les franchir. Cette digression est dans la nature: Horace perd son ami, il peut s'en prendre à tout ce qui cause ou facilite son éloignement.
Des transitions trop préparées donneraient à l'ode de la roideur et de la séche[VIII]resse. Le désordre dans les mots lui est quelquefois nécessaire.
L'ode est composée de strophes de mesure quelconque, mais se ressemblant toutes. L'oreille et le goût indiquent au poète le rhythme le plus harmonieux et le plus convenable au sujet. Il existe cependant des odes à strophes irrégulières.
On distingue plusieurs espèces d'odes;
L'ode pindarique,
L'ode sacrée,
L'ode morale ou philosophique,
Et l'ode anacreontique.
L'ode sacrée peut très-bien être pindarique.
L'ode morale est plus riche en pensées qu'en images et en sentimens.
L'ode anacréontique est entièrement consacrée à Bacchus et à l'Amour.
Alcée, Sapho, Stésichore, et quelques [IX] autres lyriques, précédèrent Pindare, qui bientôt les fit presque oublier. Ses odes célébraient principalement les athlètes et vainqueurs à la course. Ce poète, doué d'un génie ardent, s'élance souvent hors de la carrière, mais il y rentre plein de force et de vigueur. Les louanges d'Horace suffiraient seules à sa gloire.
Horace, avec plus de goût que Pindare, eut aussi moins d'élan, moins d'enthousiasme; mais la flexibilité de son talent, les ressorts d'une imagination brillante, et l'étude constante des grands lyriques de la Grèce l'élevèrent à un très-haut degré de perfection.
Anacréon fut le poète du plaisir; ses chants respirent la douceur et la volupté. Les Grâces semblent avoir monté sa lyre. La poésie lyrique parmi nous était, comme le langage, plongée dans un état de barbarie. [X] Enfin Malherbe vint.... Parmi ses expressions surannées, ses constructions hardies, on distingue dans ses vers une pureté, une harmonie étonnantes, pour le tems où il vivait. Ses pensées sont pleines de force; sa marche est aussi noble qu'imposante.
Racan, son disciple, a quelquefois dans ses odes de la douceur, de l'abandon, mais son style est détendu. Racan ne possédait pas la verve du poète lyrique; il a mieux réussi dans le genre pastoral.
Rousseau vint après eux. Il joignit l'élévation de la pensée à la richesse de l'expression; son style est soutenu, ses rimes sont riches. On pourrait seulement lui reprocher de rimer souvent en épithètes, et de ne point assez varier son style. Il n'en est pas moins le grand Rousseau.
Erstdruck und Druckvorlage
Petite encyclopédie poétique,
ou Choix de poésies dans tous les genres, par une société de gens de lettres. Odes.
[Bd. 7] Paris: Capelle et Renand, libraires-commissionnaires 1804, S. V-X.
Ungezeichnet.
Die Textwiedergabe erfolgt nach dem ersten Druck
(Editionsrichtlinien).
PURL: https://hdl.handle.net/2027/nyp.33433075796858
Literatur: Encyclopédie
Brandmeyer, Rudolf: Poetiken der Lyrik: Von der Normpoetik zur Autorenpoetik.
In: Handbuch Lyrik. Theorie, Analyse, Geschichte.
Hrsg. von Dieter Lamping.
2. Aufl. Stuttgart 2016, S. 2-15.
Cammagre, Geneviève: L'Encyclopédie et Horace.
In: Bulletin de la Société Toulousaine d'Etudes Classiques 208/12 (2002), S. 75-86.
Cohen, Ralph: The return to the ode.
In: The Cambridge Companion to Eighteenth-Century Poetry.
Hrsg. von John Sitter. Cambridge u.a. 2001, S. 203-224.
Greilich, Susanne / Lüsebrink, Hans-Jürgen (Hrsg.):
Écrire l'encyclopédisme, du XVIIIe siècle à nos jours.
Paris 2020.
Loveland, Jeff: The European Encyclopedia.
From 1650 to the Twenty-First Century.
Cambridge u. New York 2019.
Reguig, Delphine / Pradeau, Christophe (Hrsg.): La figure de Boileau.
Représentations, institutions, méthodes (XVIIe-XXIe siècle).
Paris 2021.
Rodriguez, Antonio (Hrsg.): Dictionnaire du lyrique.
Poésie, arts, médias.
Paris 2024.
Vance, Norman / Wallace, Jennifer (Hrsg.): The Oxford History of Classical Reception in English Literature. Bd. 4: 1790-1880. Oxford 2015.
Zymner, Rüdiger (Hrsg.): Handbuch Gattungstheorie.
Stuttgart u.a. 2010.
Zymner, Rüdiger (Hrsg.): Handbuch Gattungstheorie.
Stuttgart u.a. 2010.
Edition
Lyriktheorie » R. Brandmeyer